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Datation radiochimique
Les études de détermination de l’âge fondées sur
les concentrations élémentaires ou isotopiques de l’otolithe sont
motivées par la nécessité constante d’avoir des renseignements
précis sur la structure d’âges dans de nombreuses études sur
les poissons. L’objectivité de l’analyse élémentaire est
attrayante face à la subjectivité qui peut entacher ou invalider
l’interprétation des anneaux des otolithes ou d’autres structures. Il
s’ensuit que toutes les études de détermination de l’âge
selon des méthodes chimiques ont été axées sur
l’échelle annuelle et qu’elles ont pratiquement toutes été
utilisées pour valider les méthodes plus traditionnelles et moins
coûteuses de détermination de l’âge.
La datation radiochimique de structures calcifiées des coraux et
des mollusques existe depuis longtemps. Les mêmes notions sous-jacentes
s’appliquent aux otolithes de poisson et sont fondées sur des principes
de physique bien établis régissant la désintégration
radioactive. Les isotopes radioactifs sont incorporés aux otolithes des
poissons exactement de la même manière que les isotopes stables de
n’importe quel élément. Une fois incorporés à l’otolithe,
les isotopes radioactifs se désintègrent en radionucléides
de filiation, qui sont eux-mêmes retenus dans la structure cristalline
acellulaire. Comme les périodes radioactives du radionucléide
mère et du radionucléide de filiation sont connues (et fixes),
le rapport entre les deux est un indice du temps écoulé depuis
l’intégration du radionucléide mère dans l’otolithe. On
approche de l’équilibre séculaire au fur et à mesure que
le taux de perte (par désintégration) du radionucléide de
filiation devient égal au taux de perte du radionucléide mère.
Les coefficients d’isotopes radioactifs dans les otolithes entiers peuvent
être interprétés, à condition de satisfaire à
certaines hypothèses plutôt problématiques. Cependant, le
noyau extrait de l’otolithe reflète le temps écoulé depuis
sa formation, ce qui est très comparable à l’âge du poisson.
Comme l’interprétation du noyau de l’otolithe permet aussi d’éviter
les hypothèses précitées, elle est largement répandue
comme moyen d’obtenir des résultats plus fiables que n’en donnerait
l’interprétation de l’otolithe entier.
Deux paires d’isotopes ont été favorisées dans la
détermination de l’âge d’espèces de poissons
problématiques : 210Pb:226Ra et
228Th:228Ra. Appliquée à l’analyse du
noyau extrait de l’otolithe, la technique radiochimique semble à la
fois objective et précise dans l’estimation de l’âge du poisson.
Néanmoins, les concentrations d’isotopes à mesurer sont
extrêmement faibles, d’où une précision d’analyse qui n’est
souvent pas optimale. L’efficacité discriminatoire actuelle est de l’ordre
de 5 ans pour 210Pb:226Ra et de l’ordre de 1 à
2 ans pour 228Th:228Ra, cela sur des fourchettes
d’âges de 0-40 et de 0-8 ans, respectivement. Par conséquent,
cette approche convient mieux aux espèces chez lesquelles les
interprétations d’âge sont très divergentes, par exemple
Sebastes ou Hoplostethus.
On trouvera des exemples de la datation radiochimique appliquée à
la validation de l’âge chez les espèces des eaux tempérées
et tropicales dans Campana et al. (1990), Smith et al. (1991), et Campana et al. (1993).
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