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Dans sa forme
la plus simple, la biodiversité représente la vie sur terre.
Ce concept désigne la variété des formes de vie comprenant
les plantes, les animaux et les micro-organismes, les gènes qu'ils
contiennent et les écosystèmes qu'ils forment. de Fontaubert
et al (1996) définit la biodiversité plus spécifiquement
comme " la variabilité des organismes vivants de toutes origines
y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins
et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques
dont ils font partie; cette définition inclut la diversité
à l'intérieur des espèces, entre espèces et
la diversité des écosystèmes. En fait, comme l'illustre
cette définition, la biodiversité est composée de
trois catégories: (1) la diversité génétique,
(2) la diversité des espèces et (3) la diversité
des écosystèmes. Ces différentes catégories
montrent comment la biodiversité englobe des échelles différentes
depuis le gène jusqu'à l'écosystème.
La diversité génétique
La
diversité génétique est la variation de la quantité
d'information génétique des individus, des populations,
des espèces, des assemblages ou des communautés. La diversité
génétique est définie par le niveau de similarité
ou de différence dans la composition génétique des
individus, des populations et des espèces. Ces similarités
ou différences peuvent évoluer sous l'influence de nombreux
processus différents : par exemple, mutation chromosomale et/ou
de séquence, et isolation entre populations due à une barrière
physique ou de comportement. Bien que la diversité génétique
ne soit pas toujours évidente, elle est extrêmement importante
en tant que précurseur de l'adaptation évolutive par rapport
à un milieu changeant. Ainsi, la diversité génétique
peut se concevoir comme une assurance, qui permet de s'adapter à
de nouvelles réalités environnementales.
Pour comprendre les nombreux
processus écologiques et évolutionnaires, on doit d'abord
concevoir la diversité génétique d'une espèce,
d'une population ou des individus en question. De plus, il est souhaitable
de comprendre les mécanismes de création et de maintenance
des formes de diversité observées. Ainsi les études
de diversité génétique ont le potentiel d'augmenter
les connaissances dans de nombreux domaines comme la biologie de conservation,
l'écologie des populations et des communautés et la biologie
de l'évolution.
La diversité des
espèces
La diversité des espèces
est la variation dans le nombre et la fréquence des espèces
dans un assemblage biologique ou une communauté. La diversité
des espèces est le plus souvent utilisée comme synonyme
de biodiversité, où la richesse en espèces (nombre
d'espèces dans un habitat donné) est l'index principal utilisé
pour sa mesure. L'estimation pratique du nombre total d'espèces
sur la terre est de 12,5 millions, toutefois, le nombre total d'espèces
qui pourraient exister varie de 5 à 100 millions. Grassle et Macioleck
(1992) suggèrent qu'il pourrait y avoir 10 millions d'espèces
non décrites dans les profondeurs des océans!

Dans les domaines marin et
terrestre, la diversité des organismes les plus petits est moins
bien établie que celle des organismes les plus grands. Par exemple,
dans l'océan, il existe une pléthore d'information sur les
baleines, les dauphins, les marsouins et les poissons alors que ce n'est
que récemment seulement que les scientifiques comprennent l'extrême
diversité présente chez les micro-organismes, les bactéries
et le phytoplancton (c'est à dire les plantes de la mer). L'origine
et l'extinction des espèces sont les principaux composants qui
déterminent la diversité biologique. Toutefois, la contribution
des espèces à la diversité d'ensemble n'est pas égale.
Les organismes qui diffèrent grandement les uns des autres auront
une plus grande part dans la diversité globale que les espèces
plus similaires des unes des autres. Ceci montre que la richesse des espèces
n'est peut être pas la meilleure estimation de la diversité
des espèces et il pourrait être essentiel d'utiliser un index
diffèrent à l'avenir.
La diversité des
écosystèmes/habitats
Un
écosystème est formé de l'ensemble des réalités
vivantes et non-vivantes d'une région donnée. Les écosystèmes
comprennent une combinaison unique d'animaux, de plantes, de micro-organismes
et de caractéristiques physiques qui définissent une zone.
La diversité des écosystèmes est la variation dans
la collection d'assemblages, de communautés et d'habitats d'une
région donnée. Actuellement, il n'existe pas de classification
universelle ou de définition unique des écosystèmes
à une échelle globale; cependant, ce domaine de recherche
est en évolution rapide. Les composants biotiques (vivants) et
abiotiques (non-vivants) sont inhérents à la diversité
des écosystèmes mais diffèrent à la fois de
la diversité génétique et de la diversité
des espèces.
De nouveaux habitats continuent
d'être découverts à un taux très rapide et
il existe peut être des écosystèmes de cette nature
en attente de découverte. Dans l'océan, les sources hydrothermales
ont été découvertes il y a moins de 25 ans! Elles
sont connues pour être des habitats très particuliers comprenant
de nombreuses espèces endémiques (Grassle, 1986; Tunnicliffe,
1991). On a aussi découvert que les carcasses de baleines représentent
un micro-habitat unique (Smith et al, 1989) et qu'elles pourraient représenter
des points de connexion entre les communautés de sources hydrothermales
permettant aux organismes de traverser d'une source à l'autre.
On doit noter que dans la littérature
scientifique, les écosystèmes et les habitats sont parfois
considérés comme des notions distinctes. Gray (1997) amalgame
la diversité des communautés et des écosystèmes,
disant qu'on ne peut séparer la communauté de l'écosystème.
Il conclut qu' " aucun système écologique, que ce soit
l'individu, la population ou la communauté, ne peut être
étudié en isolation de l'environnement dans lequel il existe
". Dans ce rapport, les habitats sont considérés comme
des entités physiques contenant des composants biotiques et de
ce fait, il considère la diversité des habitats plus utile
que la diversité des écosystèmes.
Autres types de diversité
Il est évident, d'après
la discussion ci-dessus, que la biodiversité s'interprète
à de nombreux niveaux comprenant les gènes, les espèces,
les écosystèmes et les habitats. Bien que ce soit les composants
principaux de la biodiversité, on a suggéré deux
autres types de biodiversité: (1) la diversité taxinomique
et (2) la diversité fonctionnelle (Norse, 1993).
La diversité phylétique
ou taxinomique implique la variation et la variabilité des phyla
des organismes. Les Arthropodes sont un exemple de phylum dont fait partie
la classe des Insectes. La diversité phylétique peut résulter
en diversité plus importante de phyla sans demander une grande
diversité d'espèces. Par exemple, dans l'environnement marin,
il existe 32 des 33 phyla animaux (Norse, 1993) et ceci est considéré
comme une diversité phylétique ou taxinomique élevée.
La diversité fonctionnelle
est le regroupement des espèces sur la base de similarité
de fonction. Par exemple, dans l'océan, tous les organismes qui
se nourrissent de sédiments peuvent être amalgamés
dans un seul groupe fonctionnel, les dépositivores comme tous les
organismes filtreurs composent un autre groupe basé sur cette fonction
particulière. Ce concept peut aussi être étendu aux
méthodes de reproduction ou à la diversité biochimique.
Références
de Fontaubert, C.
A., Downes, D.R. & Agardy, T.S. 1996. Biodiversity in the seas: Implementing
the convention on biological diversity in marine and coastal habitats.
IUCN Environmental Policy and Law Paper No. 32. A Marine Conservation
and Development Report. 82 pp.
Grassle, J.F. 1986.
The ecology of deep-sea hydrothermal vent communities. Adv. Mar. Biol.
23: 301-362.
Grassle, J.F. &
Maciolek, N.J. 1992. Deep-sea species richness: regional and local diversity
estimates from quantitative bottom samples. Amer. Nat. 139: 313-341.
Gray, J.S. 1997. Marine
biodiversity: patterns, treats and conservation needs. GESAMP reports
and studies No. 62. 24 pp.
Norse, E.A. 1993.
Global marine biological diversity: A strategy for building conservation
into decision making. Island Press, Washington D.C.383 pp.
Smith, C.R., Kukert,
H., Wheatcroft, R.A., Jumars, P.A. & Deming, J.W. 1989. Vent fauna
on whale remains. Nature. 341: 27-28.
Tunnicliffe, V. 1991.
The biology of hydrothermal vents: ecology and evolution. Oceanogr. Mar.
Biol. Ann. Rev. 29: 319-407.

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